unevraieprojection.com

Une vraie projection.

En vingt ans je n'ai jamais vu un film correctement projeté depuis un ordinateur en bureau étendu, avec VLC ou QuickTime, même dans de très belles installations.

Le projecteur reçoit un écran d'ordinateur, pas un signal vidéo, et le film arrive déformé pour trois raisons.

Raison 1 sur 3

Gamma

Le gamma, c'est la vitesse à laquelle on sort des noirs.

Entre le fichier et le projecteur, le lecteur et le système peuvent modifier cette courbe sans prévenir. L'image sort des noirs trop vite, ou trop lentement.

Ce que voit la salle
Trop clair, avec des noirs gris et laiteux. Ou trop sombre, avec des ombres bouchées.
Où le voir
Dans une scène de nuit.
noirblanc le signal la lumière à l'écran
  • trop clair ≈ 1,8
  • étalonné 2,4
  • trop sombre ≈ 3,0
Le même fichier, trois courbes. Celle du milieu est celle que l'étalonnage a validée.

Raison 2 sur 3

Gamut

Le gamut, c'est la couleur des couleurs.

Un master vidéo est fabriqué dans un espace de couleurs précis, par exemple Rec. 709 ou P3. Quand l'ordinateur pilote le projecteur comme un écran, la gestion des couleurs du système se met au milieu. Elle convertit l'image pour le profil qu'elle attribue au projecteur, et rien ne garantit que ce soit le bon.

Ce que voit la salle
Les teintes bougent. Surtout les verts, mais aussi les rouges, les ciels et les peaux.
Où le voir
Sur un feuillage, une prairie, puis sur un visage en gros plan.
460490520560600700 nm
  • Rec. 709 : l'espace du film
  • Display P3 : ce que le système croit avoir en face
Exemple : le système croit parler à un écran Display P3, le projecteur travaille en Rec. 709. Les couleurs perdent leur saturation et leur teinte bouge.

Raison 3 sur 3

Fréquence

Un film, c'est 24 ou 25 images par seconde. Un ordinateur, c'est souvent 60 Hz.

En bureau étendu, l'ordinateur envoie au projecteur la fréquence de ses écrans. 60 n'est pas un multiple de 24 : une image reste affichée 3 rafraîchissements, la suivante 2, et ainsi de suite. Les images n'ont plus toutes la même durée. À 25 images par seconde, même problème.

Tout ce qui bouge de façon régulière se met à accrocher :

  • un panoramique sur un paysage
  • un travelling le long d'une rue
  • une voiture, un vélo, un visage qui traverse le cadre
  • le générique de fin qui déroule
Ce que voit la salle
Ça saccade.
Où le voir
Sur le déroulant du générique de fin d'un film bien post-produit. Il doit glisser d'un bloc. Là, il avance par à-coups.

Le même film, le même mouvement, deux cadences.

Scène
Vitesse
260 px/s

Sortie vidéo

chaque image dure le même temps

durée des dernières images

Bureau étendu, 60 Hz

3 rafraîchissements, puis 2, puis 3 : 50 ms, 33 ms, 50 ms

durée des dernières images

À gauche, les images durent toutes le même temps. À droite, les mêmes images, affichées à 60 Hz. En temps réel, regardez les poteaux pendant le panoramique, ou une ligne du générique : à droite, ça accroche. Au ralenti, on voit pourquoi : les images de droite durent tour à tour 50 et 33 ms.

Votre écran : mesure en cours. Cette page ne peut pas afficher du vrai 24p, elle montre la différence entre des images de durée égale et des images de durée inégale. Sur un écran à 120 Hz ou plus, la cadence 3-2 est reproduite telle qu'un écran 60 Hz la donne.

Ce que le film mérite, pour des années

moins de200 €

Une petite carte de sortie vidéo envoie au projecteur un vrai signal vidéo. À la cadence du film, au format du film, sans passer par la gestion des couleurs du système.

Le matériel

DaVinci Resolveversion gratuite0 €
UltraStudio Express Monitor 3Gsorties SDI et HDMI≈ 170 €
Un câble SDI ou HDMI≈ 15 €
Total< 200 €

Prix TTC constatés en Europe. Il faut un Mac ou un PC avec un port USB4 ou Thunderbolt 4.

En pratique

  1. Installer DaVinci Resolve et Desktop Video, le pilote de la carte. Les deux sont gratuits.
  2. Brancher la carte à l'ordinateur, puis au projecteur en SDI ou en HDMI.
  3. Dans Resolve, créer un projet à la cadence du film, 24 ou 25 images par seconde, avant d'importer le fichier.
  4. Dans les préférences, choisir la carte comme sortie vidéo. Lancer la lecture.

Le projecteur doit lui aussi être bien réglé. Mais au moins, il reçoit de la vidéo.

La question qui vient ensuite

Et le DCP ?

Le DCP (Digital Cinema Package) reste plus fiable. C'est le format des salles de cinéma, fait et testé pour ça.

Mais à partir d'un master ProRes 422 HQ, cette chaîne donne une qualité excellente, bien plus proche d'un DCP que d'un film lu dans une fenêtre.